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Projet de loi de finances pour l'année 2008
Intervention sur le budget de l'Agriculture
(13 novembre 2007)

 

En résumé...

Jean Gaubert déplore la baisse du budget de l'agriculture, et regrette que le Gouvernement ne prépare pas mieux la réforme de la PAC.



Intervention en séance M. Jean Gaubert - Ce budget me donne l'occasion, Monsieur le ministre, de vous interroger sur la révision à mi-parcours de la PAC. Les résultats de celle-ci justifient les critiques que nous avions exprimées dès l'origine sur les DPU - Mme Fischer-Boel l'a elle-même reconnu l'autre jour. Un système injuste a été mis en place en France. Injuste entre les agriculteurs d'abord : pour résumer, c'est « tu en avais, tu en auras ; tu n'en avais pas, tu n'en auras pas » et « tu en avais pour faire du maïs irrigué par des pesticides, tu en auras pour faire du maïs irrigué par des pesticides. Tu n'en avais pas, ou peu, pour faire de l'herbe, moins polluante ; tu n'en auras toujours pas, ou peu ». Il faudra bien tenir compte un jour du Grenelle de l'environnement, et pas seulement en paroles !

M. Germinal Peiro - Très bien !

M. Jean Gaubert - Le système est aussi injuste entre les régions : « Tu n'en avais pas en PACA, tu n'en auras pas en PACA ; tu en avais beaucoup en Picardie, tu en auras toujours beaucoup en Picardie ».

L'application que nous avons faite des DPU fausse aussi la concurrence avec certains pays de l'Union. Dans certains, par exemple, les maraîchers perçoivent des DPU, ce qui n'est pas le cas chez nous.

Cette révision à mi-parcours sera-t-elle l'occasion de moduler cette PAC pour nous permettre de financer des mesures hautement nécessaires ?

Comment envisagez-vous d'autre part l'après-2012 ? Mme Fischer-Boel nous a proposé l'autre jour de proroger les quotas laitiers pour deux ans. Mais c'est beaucoup plus qu'il nous faudrait pour avoir une vraie perspective ! Quelle sera la position du Gouvernement ? Quelle sera de même votre position sur les conséquences - que l'Europe ne veut pas voir - de la hausse du prix des céréales et du lait sur d'autres productions - porc, volaille, veau de boucherie ?

Je vous encourage enfin, puisque les autres ne le font pas, à ne pas baisser la garde à l'OMC.

Lors de son bref passage à l'Agriculture, Mme Lagarde a eu le temps de demander un audit de la situation exacte du ministère. Il serait bon qu'il nous soit communiqué.

Votre budget diminue de 2,37 % en euros constants, soit 4 % en euros courants. Qu'aurait dit l'UMP s'il avait été présenté par un ministre de gauche ? Entre 1997 et 2002, lorsque le budget augmentait de 3 ou 4 %, vous trouviez que ce n'était pas assez ! Cette fois-ci, vous avez au moins le mérite de reconnaître que ce n'est pas brillant. Soixante-sept millions de moins sur l'adaptation des filières : certes, on vendra des bijoux de famille, mais comment fera-t-on l'année prochaine ? Dix millions de moins sur l'appui au revenu des agriculteurs, la DJA, les prêts bonifiés ! 7,5 millions de moins sur la promotion internationale !

M. le Président - Il faut conclure.

M. Jean Gaubert - On ne peut pas se désoler du déficit du commerce extérieur et diminuer en même temps les crédits que le ministère de l'agriculture y affecte.

Un dernier mot sur la pêche. Vos moyens sont certes limités, mais on aurait pu faire davantage en matière d'investissements à terre, ce qui aurait permis aux collectivités locales de diminuer leurs propres taxes sur les pêcheurs.

J'avais quelques satisfactions sur d'autres sujets, mais nos collègues de l'UMP n'ont pas manqué de les relever. Nous ne pouvons en tout cas pas accepter comme excuse à ce mauvais budget le fait qu'il n'y ait pas d'argent, puisque l'été dernier nous n'avons pas accepté de faire des cadeaux aux riches ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC)