Le pavillon de complaisance est en berne
(janvier 2005)
Une nouvelle fois le Gouvernement a reculé devant la mobilisation des députés
socialistes et celle des syndicats de navigants en retirant de l’ordre du jour de
l’Assemblée nationale le texte relatif au registre international français, quelques
heures avant sa discussion en séance publique.
À l’instigation exclusive des armateurs français, ce texte de bradage du droit social
français et de la sécurité maritime crée un pavillon de complaisance qui permet
d’embaucher des navigants non-nationaux par l’intermédiaire de sociétés de
« manning » (de location de main d’oeuvre) pour la totalité de l’équipage (sauf le
capitaine et son suppléant) sans leur appliquer la législation sociale française mais
les normes minimales issues des conventions de l’Organisation Internationale du
Travail. C’est une remise en cause du principe de compromis social qui a toujours
existé dans le domaine maritime et l’extinction programmée d’un métier historique et
d’une profession respectée.
S’associant à la mobilisation des syndicats opposés à ce texte, le groupe socialiste
de l’Assemblée nationale, fortement mobilisé contre cette attaque emblématique du
droit social français, a déposé près de 180 amendements.
Les députés socialistes demandent, dans le cadre de la préparation du « livre
vert européen», un grand débat sur la politique maritime de la France dans tous ses
aspects et en particulier sur la nécessité de voir émerger un Pavillon européen. Par
sa dynamique économique et sociale, il contribuerait à la fois à la garantie de
l’emploi et au respect des objectifs de Goteborg et de Lisbonne.
Ce nouveau recul du gouvernement renforce les socialistes dans leur volonté de
défendre les acquis sociaux à l’aune du débat parlementaire à venir sur la remise en
cause des 35 heures.
Jean Gaubert
En savoir plus :
Consulter le dossier sur le RIF sur le site de l'Assemblée nationale
|