PAC : les éleveurs vont payer
(juin 2003)
La négociation sur l’avenir de la PAC a été conclue dans la nuit de mercredi à jeudi. Les premiers éléments disponibles montrent à quel point elle s’est terminée sur des bases très éloignées des positions du gouvernement français. On ne devait rien céder : or c’est à une modification profonde de la PAC que nous assistons, qu’il s’agissent du découplage, de la modulation, de la baisse des prix du lait, du plafonnement des dépenses. On attend avec intérêt la justification de son grand écart par le flamboyant ministre que certains responsables agricoles encensaient il y a encore quelques jours.
Pour ma part, je note que les céréaliers sauvent leurs privilèges, contrairement aux éleveurs, laitiers en particulier, qui vont payer l’essentiel. Il n’est qu’à regarder le sauvetage des majorations mensuelles sur les céréales, le maintien du prix d’intervention et la liberté dans le découplage donnée à chaque État.
A contrario on voit bien que la baisse du prix du beurre et de la poudre de lait va pénaliser lourdement les bassins laitiers. Comment le ministre pourra-t-il encore parler de sauvegarde de l’élevage français ?
Les nouveaux critères d’environnement en particulier seront-ils assez clairs pour ne pas provoquer de nouvelles interrogations dans les campagnes et de nouvelles complications dans leur attribution.
Enfin qu’en est-il pour les productions de volaille et de porcs ? Le ministre « espérait » la semaine dernière des avancées dans la gestion des marchés et se faisait fort de les lier à la conclusion de la négociation. Apparemment ceci a été « oublié ». Les éleveurs apprécieront, eux qui souffrent durement de la crise actuelle.
On pouvait au moins espérer que, puisqu’il s’agissait de contenir les dépenses, on en profiterait pour aller vers plus de justice entre les paysans : c’est raté. Mais pouvait-on raisonnablement attendre autre chose d’un gouvernement qui, comme première décision en mai 2002, avait supprimé la modulation qui était pourtant une bien timide mesure d’équité entre les agriculteurs.
Jean Gaubert
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